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Communiqué 6
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Louis Braille.

4 janvier 1809.

Né à Coupvray, dans une famille modeste, Louis Braille perd la vue à l’âge de cinq ans. Entré à l’Institution royale des jeunes aveugles, son esprit méthodique et brillant lui permet d’y devenir professeur.  C’est là qu’il conçoit son génial alphabet, ouvrant aux aveugles les portes de la connaissance.

"L’enfant de prédilection" de la famille Braille voit le jour le 4 janvier 1809. Simon René, le père de Louis, salue l’apparition de son quatrième et dernier enfant, en déclarant qu’il sera "le compagnon de sa vieillesse". Choyé par les siens, Louis Braille entame les premières années de sa vie dans le petit bourg paisible de Coupvray, en Île-de-France. Une vie qui n’est pas toujours facile dans cette France du début du siècle. Mais les affaires du maître bourrelier Simon René, artisan réputé, tournent bien. Et le petit Louis grandit là, entre la maison familiale et l’atelier du père.

Une enfance similaire à tant d’autres, si ne s’était produit un accident qui devrait infléchir définitivement le destin de cet enfant et, avec lui, celui de tous les aveugles ! Le jeune Louis a trois ans. Il joue dans l’échoppe de son père, s’empare d’une serpette et tente de tailler une lanière de cuir. Soudain l’instrument glisse et sa lame aiguisée lui entaille l’œil. Louis est soigné. Mais selon les doctrines du temps. Il aurait fallu énucléer l’œil mutilé afin d’empêcher la contamination "par sympathie", comme disent les médecins, de l’œil sain. Louis a cinq ans lorsque le voile noir de la cécité s’abat sur lui, définitivement.

Paris, à quarante kilomètres de Coupvray, c’est un tout autre monde. Par quel miracle la famille Braille apprend-elle qu’il existe une institution pour jeunes aveugles ? Faut-il y voir l’entremise de quelque charitable notable ? Ou la sollicitude de l’instituteur, touché par le drame de cet enfant si doux ? Toujours est-il que le père entreprend de faire admettre son benjamin à l’Institution royale des jeunes aveugles. Le 15 février 1819, le jeune Louis qui vient de fêter ses dix ans, franchit le seuil de cette maison qu’il ne quittera que pour rejoindre sa dernière demeure.

Un établissement dont le nom prestigieux cache hélas une réalité des plus discutables à cette époque. Il est sis rue Saint-Victor, dans le quartier alors peu réputé de Jussieu. Les locaux, vétustes et malcommodes, sont insalubres. Les rapports des médecins qui visitent les lieux sont accablants : "La maison est située dans un quartier bas, mal aéré et sujet à beaucoup d’émanations plus ou moins infectes". Un collègue surenchérit : "La première chose dont nous avons été frappés à l’aspect de ces jeunes infortunés, c’est le teint blême et l’apparence cachectique de la plupart d’entre eux". Sans doute est-ce là que Louis Braille contracta la tuberculose qui l’emportera à quarante-trois ans…

La qualité de l’enseignement qui y est dispensé n’est pas non plus irréprochable. Grammaire, géographie, algèbre, musique… des connaissances rudimentaires y sont acquises par le biais de leçons orales apprises par cœur. Mais les élèves de l’Institution royale s’accrochent à ce qui représente, malgré tout, une chance extraordinaire.

Lequel d’entre eux, en effet, souhaiterait retourner à cette nuit de solitude que le siècle réserve alors aux non-voyants ? Car l’intérêt que porte l’époque à ces malheureux est tout récent, et balbutie encore. Le premier à s’être ému de leur sort est Valentin Haüy qui fonde, en 1784, l’Institution royale des jeunes aveugles. Il entreprend de leur apprendre à lire et compter grâce à une méthode qui consiste à imprimer en relief les caractères de notre alphabet latin. Mais ces protégés doivent faire preuve d’une grande persévérance pour réussir à distinguer au toucher des lettres au dessin complexe.

Appliqué et intelligent, le jeune Braille utilise lui aussi ces quelques livres sur papier gaufré pour parfaire une culture qui d’emblée le distingue de ses camarades. Très tôt, l’esprit méthodique de Braille se penche sur deux questions cruciales pour les aveugles : celle de l’accès au savoir et celle de la communication avec le monde des voyants. Les travaux du capitaine d’artillerie Charles Barbier de la Serre vont lui fournir la matière première à son invention future.

Ce curieux personnage à la carrière mouvementée a mis au point un "procédé d’écriture nocturne". Cet alphabet révolutionnaire permet, au moyen de points saillants, décrire et lire phonétiquement dans l’obscurité - sécurité militaire oblige ! L’Académie des sciences appréciera en ces termes l’astucieux système de codage : "Ce procédé rend possible la communication entre sourds et aveugles". En 1822, quelques ouvrages en alphabet Barbier sont prudemment introduits dans l’Institution royale. Braille n’a alors que treize ans mais c’est pour lui une véritable révolution ! Il comprend tout de suite le parti que les aveugles vont pouvoir tirer de cet alphabet qui s’offre à leur toucher. Et bientôt, il s’attelle à rationaliser cette technique astucieuse, mais conçue par un clairvoyant.

En 1828, alors qu’il a à peine dix-neuf ans, il est promu au grade de répétiteur. Plus tard, nommé professeur, il continue à remporter l’adhésion des élèves qui "l’affectionnaient comme un ami sage et éclairé, fertile en bons conseils". Et jour et nuit, Braille travaille à son alphabet, testant et vérifiant ses intuitions. En toute circonstance, le regard vide mais la main sûre, il perfore ces cartons grâce à l’ingénieuse réglette qu’il a mise au point. "Le voilà encore à ces picotages ! ", s’exclament les braves gens de Coupvray. Et en 1829 paraît le résultat de ses travaux sous le titre : Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points à combinaisons de six points en relief, Braille réussit à transcrire non seulement les lettres et les chiffres mais aussi les signes mathématiques, la musique et la ponctuation ! Déjà, pourtant, la maladie le rattrape. À vingt-six ans, il est victime d’une hémorragie due à une lésion pulmonaire. La tuberculose vient de remporter sa première victoire…

Farouchement déterminé, tenace, Louis s’attaque alors à la deuxième question qui l’a toujours taraudé : celle de la relation des aveugles avec les clairvoyants. Là encore, il s’acharne. En 1839, il dévoile le système d’écriture qui permet aux aveugles de dessiner, toujours au moyen de perforations, les caractères de l’alphabet latin. Baptisé "planche à pistons" ou "raphigraphe", l’ingénieux appareil révolutionne la vie sociale et culturelle de ses camarades d’infortune. Pour tomber dans l’oubli quand la machine à écrire fait son apparition…

Cependant, la phtisie poursuit impitoyablement son travail de sape… Louis Braille s’alite, après avoir, en bon chrétien animé d’une foi indéfectible, mis en ordre ses affaires terrestres. Et le 6 janvier 1852, il expire, non sans avoir confié à ses amis : "Je suis convaincu que ma mission est finie sur la terre. J’ai goûté hier les suprêmes délices. Dieu a daigné faire briller à mes yeux les splendeurs des éternelles espérances".

Il faudra attendre 1878 pour que le système braille soit unanimement adopté en Europe. Et ce n’est qu’en 1950 que l’Unesco s’emparera de la délicate question de l’emploi du braille pour les langues non européennes. La consécration viendra un siècle après sa mort : le 22 juin 1952, le plus illustre des non-voyants rejoindra ses pairs en prestige au panthéon !

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Dernière modification : 06 mai 2019